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Crystel Ceresa, "Geisha", 2007
Acrylic and airbrush on canvas, 90 x 110 cm
Courtesy: Laleh June Galerie, Basel
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exposition
CRYSTEL CERESA
Drops of Poison
VERNISSAGE: JEUDI, 5 FEVRIER 2009 // 17-21H
Laleh June a le plaisir de présenter pour la première fois l'exposition personnelle de la peintre Suissesse Crystel Ceresa (née en 1977 à Genève, vit et travaille à Genève). Pour son exposition à Laleh June Galerie, elle articule son projet autour du thème de l’écriture automatique et de la poésie aléatoire, sous la forme d’une série de tableaux et de tondi peints, d’une installation au sol ainsi qu’une grande peinture murale.
Ceresa peint des tableaux de grande échelle à l’aérographe, en fait elle pulvérise la peinture plus qu’elle ne peint, insufflant au sens propre comme au figuré à son travail un vent de légèreté tant au contenu qu’à la forme. Ses sujets sont tout aussi fleuris et légers en apparence, mais à y regarder plus près, on remarquera que l’artiste inscrit sa peinture dans un discours plus profond qui se nourrit des thèmes récurrents de l’histoire de l’art: les vanités baroques, l’érotisme bourgeois kitsch du XIXe, le symbolisme, la pensée sublimée des préraphaélites.
Plus particulièrement, la peinture de Crystel Ceresa est une réflexion sur la présence et l'absence de la représentation humaine, son apparition et sa disparition, sa matérialité et son immatérialité, l'instant fragile de son existence dans une zone d'ombre, dans un coin de mémoire.
C'est aussi l'essai d'un travail sur le flou et le flot des rencontres, le fugitif et le furtif, l'anecdote interprétée, comme ces histoires que l'on entend et que l'on retransmet avec une propre part d'interprétation et d'énigmes, les souvenirs morcelés et reconstitué par hyperliens.
Elle donne à voir comme des ondes qui se propagent, des petites morts quotidiennes, des petites vies, des bribes d’illusions et de magies, figées entre deux instants incertains.
Sous la forme d’un wallpainting, pareil à un graffiti obsessionnel ou à un arbre recouvert de mots gravés, Crystel Ceresa colle des mots les uns sur les autres, souffle des phrases qui se chevauchent, qui s’entrechoquent et se confondent comme les souvenirs plus ou moins flous, plus ou moins délavés de nos mémoires. Reste des mots orphelins, des phrases raccommodées, des petites poésies dada, écritures automatiques, touffes et ruissellements de mots suspendus comme de petits cumulus, des gouttes plus ou moins amères, plus ou moins sucrées qui glissent sur nos fantômes, et où de temps à autres, une goutte empoisonnées vient se glisser dans le creux de nos espérances.
La technique de l'aérographe et son aspect poudreux, délicat et flou, se prête particulièrement à la représentation de ces instants suspendus, ces fils de mémoires, ces zones d'ombres et ces poésies improvisées. La peinture est projetée, l'absence de toucher réel la rend plus immatérielle, presque fantomatique. Les formats sont très grands, une façon de mieux révéler pour mieux cacher et pour tirer parti du jeu des échelles.
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