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JÉRÔME LEUBA
15.12.2005
Ecole cantonale d’art du Valais (ECAV)
Rue de la Bonne-Eau 16
CH - 3960 Sierre
T +41 27 456 55 11
Lieu / Location:
Forum d’Art Contemporain (FAC)
Avenue du Rothorn 10
CH - 3960 Sierre
patricia.comby@ecav.ch
http://www.ecav.ch
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jeudi
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17h
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battlefield # 17
video still
jérôme leuba
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Dans le cadre des soirées projection vidéo de l’Ecole Cantonale d’Art du Valais et du Forum d’Art Contemporain de Sierre, l’artiste JEROME LEUBA présente son travail artistique au Forum d’Art Contemporain le jeudi 15 décembre à 17h (ouvert au public).
Avant d’obtenir son diplôme de l’Ecole Supérieure d’Arts Visuels de Genève en 1997, Jérôme Leuba étudie dans l’atelier média-mixte de Sylvie Defraoui. À partir de 1993, il réalise des bandes vidéo qui envisagent le style documentaire de manière expérimentale. En parallèle à son travail artistique, il réalise des programmations pour différentes institutions telles que le Centre pour l’image contemporaine et le cinéma Spoutnik à Genève. Plus que l’aspect narratif du cinéma, c’est l’attrait du son et de la voix qui incite le jeune artiste à avoir recours à la vidéo. A titre d’exemple, la bande vidéo diffusée sur un moniteur intitulée "Small Talk" (1998, 24’) s’est élaborée à partir de discussions trouvées sur internet. Bien que les conversations se présentent initialement sous forme écrite, le langage possède un caractère oral très marqué. Cette ambivalence entre l’expression écrite et orale prend encore une autre dimension lorsque l’artiste fait réciter ces phrases banales, ponctuation comprise, à des acteurs non professionnels. Les sujets de discussion se limitent à souligner l’actualité des rapports en cours : la présence virtuelle, les langues parlées, l’apparence du site, l’heure de la discussion. Si la banalité des échanges marque le peu d’intérêt pour tout développement du contenu, une forme de liberté ludique intervient au niveau de la formulation et de la ponctuation.
Le jeu à partir de langages codés se retrouve dans "Gaule" (2003, 62’), long métrage qui s’approprie le genre du road-movie pour en détourner ses conventions. En effet, l’errance de trois personnages dans des zones périurbaines n’est plus marquée par l’action du déplacement, mais par des situations dont le statisme est renforcé par la flânerie de la caméra qui s’arrête sur des détails d’architectures ou d’urbanisme. De plus, au langage ordinaire se substituent des dialogues inspirés de la finale du championnat du monde de football de 1998, match qui oppose la France au Brésil. A ce décalage singulier s’ajoutent les accents portugais et français des personnages et les jeux langagiers fondés sur des répétitions qui déplacent la communication vers un agencement de sonorités abstraites. Contrairement au commentaire sportif qui se superpose à l’image dans un effet de transparence, la juxtaposition particulière de l’image et du son détermine l’autonomie propre à chacun.
L’affrontement entre différents types de codes se retrouve dans d’autres œuvres de la série dont les titres évoquent autant de territoires marqués par la lutte. "Battlefield #9/ Washington Sniper" (2005, 8’35), l’œuvre avec laquelle Jérôme Leuba a gagné le prix fédéral d’art, met en scène les conseils de sécurité de la police de Washington qui incitaient les habitants à adopter une gestuelle particulière. Dans un espace faiblement éclairé, deux danseuses semblent exécuter certaines consignes : elles rampent au sol, se déplacent rapidement, ou encore cherchent à se cacher dans les zones d’ombres. L’absurdité de la chorégraphie accuse la contrainte imposée au corps par les instructions. En élaborant une stratégie dialectique qui confronte le langage à la présence physique et visuelle du corps, l’artiste délaie de la sorte le pouvoir des mots sur le réel. Ces œuvres manifestent par là même l’autonomie du champ artistique, champ de bataille qui permet de redéfinir des particularismes dans une époque qui tend à l’uniformisation.
(Geneviève Loup)
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