
© 2010 ch-arts
| 
 | |
 |  |
"CONTAGIEUX !"
PAULINE BOUDRY
& RENATE LORENZ
11.06.2010 - 15.08.2010
Centre d'Art Contemporain - Genève
Rue des Vieux-Grenadiers 10
CH-1205 Genève
T:+ 41 22 329 18 42 F:+ 41 22 329 18 86
info@centre.ch
http://www.centre.ch
|
ma-di
|  |
11h-18h
|
|
 |
|
 |  |  |
 |
Exposition
"Contagieux !" PAULINE BOUDRY & RENATE LORENZ
Vernissage: 10.06.2010 de 18h à 21h
Le Centre d’Art Contemporain Genève a le plaisir d’annoncer la première exposition personnelle d’envergure du duo PAULINE BOUDRY/RENATE LORENZ. Les artistes, établies à Berlin, s’intéressent à l’invention presque simultanée de la sexualité et des perversions sexuelles d’une part, et de la photographie et du film au 19e siècle d’autre part, ainsi qu’à leur relation à une économie coloniale.
Filmés la plupart du temps en 16mm dans une esthétique particulière qui souligne l’autonomie de la caméra, de la musique, des costumes et des accessoires, les travaux de PAULINE BOUDRY/RENATE LORENZ donnent lieu à des performances qu’elles définissent comme une "archéologie queer". Elles redécouvrent des moments oubliés de l’histoire, dans lesquels sont visibles des corps et des constellations sociales en dehors des normes.
Le duo présentera de nombreux travaux récents, dont "Salomania" avec la chorégraphe et artiste américaine Yvonne Rainer, ainsi qu’une nouvelle production autour de la danse épileptique. En contrepoint des installations, l’exposition accueillera des œuvres "invitées" de Felix Gonzalez-Torres, Judith Hopf, Zoe Leonard et Henrik Olesen qui questionnent également l’identité et sa représentation.
A l’occasion de cette exposition, quatre installations vidéo récentes sont réunies pour la première fois: "Normal Work" (2007, film 16mm/dvd et 13 photographies), "N.O. Body" (2008, film 16mm/dvd et 47 photographies), "Salomania" (2009, vidéo HD et installation) et une nouvelle production intitulée "Contagious!".
"Normal Work" présente des portraits photographiques d’Hannah Cullwick, une bonne de l’époque victorienne qui non seulement avait une relation secrète avec son amant bourgeois et poète, mais s’est aussi fait prendre en photo tantôt comme un esclave, tantôt comme une femme du monde ou un gentleman. Leur relation sadomasochiste est illustrée par la discrète présence sur les images d’un poignet de force et d’un collier-chaîne de forçat. PAULINE BOUDRY/RENATE LORENZ reviennent sur ces étranges documents et reconstituent quatre photographies, avec le performeur drag Werner Hirsch.
"N.O. Body" reconstitue une photographie de la femme à barbe Annie Jones (1865 – 1902), star du Cirque Barnum. Le performeur (à nouveau Werner Hirsch), imitant la photographie d’Annie Jones, se trouve au centre d’un amphithéâtre de médecine, où il donne un cours magistral en exposant un diaporama d’images issues de l’archive du docteur Magnus Hirschfeld, dans lequel Jones elle-même figure. Le sexologue berlinois a catalogué dans son ouvrage "Sexologie, Images" en 1930 des images de personnages ambigus sur leur identité sexuelle ou d’animaux hermaphrodites.
"Salomania" revient sur la mode de la figure de Salomé au tournant du 20e siècle, en particulier dans le film hollywoodien éponyme de 1922 de Alla Nazimova, danseuse russe, star du muet, puis productrice. Actrice la plus riche de son temps, elle va mettre toute sa fortune pour réaliser un film hors norme et moderne qui sera un échec commercial, partira dans l’oubli et la ruinera.
Pour cette réinterprétation, PAULINE BOUDRY/RENATE LORENZ convoquent l’histoire à plusieurs niveaux: le performeur et artiste Wu Ingrid Tsang et la célèbre chorégraphe et cinéaste Yvonne Rainer, tous deux de Los Angeles, rejouent des scènes tirées du film muet, de la vie de Alla Nazimova et de la recherche contemporaine sur Salomé. En outre, Yvonne Rainer s’est inspirée de la danse des sept voiles de Nazimova pour sa propre chorégraphie "Valda’s solo" (1973), qu’elle enseigne à son tour à Wu Ingrid Tsang dans ce projet.
Une étude sur les danses au 19e siècle qui questionnent l’ordre bourgeois sera au centre de la nouvelle production "Contagious!". Les artistes reviennent sur la mode, dans les cabarets parisiens 1900, des danses "épileptiques" et du Cakewalk afro-américain. La première retourne les discours pathologisants sur la sexualité des femmes en transformant les célèbres photographies d’attaques hystériques en spectacle de divertissement, la seconde s’inscrit dans une tradition de moquerie des danses des maîtres blancs. Ce travail se situe dans le prolongement des recherches de la théoricienne Rae Beth Gordon qui, dans "Dances with Darwin" (2009), compare dans l’histoire française coloniale les discours scientifiques sur le corps féminin avec les discours sur les races. La célèbre drag queen activiste Vaginal Davis performe avec la danseuse et chorégraphe Arantxa Martinez.
Pauline Boudry et Renate Lorenz vivent et travaillent à Berlin. Pauline Boudry a étudié à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Genève, et elle a travaillé avec Renate Lorenz à la Shedhalle/Rote Fabrik à Zurich. Elle a également fondé les groupes de musique "Rythm King and her Friends", ainsi que "Normal Love". Renate Lorenz est aussi curatrice et auteur académique. Outre les installations vidéo, elles ont coproduit des reportages pour la télévision ("Copy Me – I want to travel", 2004, Arte), des ouvrages critiques ("Reproduktionskonten fälschen!" éd. Pauline Boudry, Brigitta Kuster, Renate Lorenz, 1999, b-books) et des expositions ("Normal Love", Künstlerhaus Bethanien, Berlin, 2007).
Le duo a récemment exposé au Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (où il a remporté le prix Accrochage 2010), au Kunstverein de Munich, au Musée d’art contemporain de Belgrade et à la Fondation Generali à Vienne. Leur travail a également fait l’objet de présentations monographiques au Swiss Institute de New York, à la Galerie 44 de Toronto, à Les Complices à Zürich (exposition nommée parmi les six finalistes du Swiss Exhibition Award 2008) et, récemment, chez Ellen de Bruijne Projects à Amsterdam.
L’exposition, ainsi que la nouvelle production, ont été possibles grâce au généreux soutien de George Foundation, de la République et canton de Genève (Fonds cantonal d’art contemporain) et de Julius Baer.
Commissaire de l’exposition : Denis Pernet
|
|
|
|
|