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AU VERSO DES IMAGES
02.06.2010 - 19.09.2010
Mamco - Genève
Rue des Vieux-Grenadiers 10
CH-1205 Genève
T: +41 22 320 61 22 F: +41 22 781 56 81
http://www.mamco.ch
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sa-di
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12h-18h
11h-18h
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Exposition
Au verso des images
Cycle Futur antérieur, séquence d'été 2010
Expositions monographiques: Maud Faessler "Insite" Michel Grillet "Montagnes-Ciel" Pierre Moignard "Who chooseth me" Amy O’Neill "Pilgrim Boudoir" Didier Rittener "Libre de droits" Yvan Salomone "Yes I will yes" Franz Erhard Walther "9/35 En miroir" Pascal Pinaud / Allen Ruppersberg.
Du 2 juin au 19 septembre 2010, le Mamco accueille une myriade d’expositions qui rend compte de la diversité et de la richesse de l’art contemporain. Au verso des images, la nouvelle séquence d’été inaugurée le mardi 1er juin dès 18h, rassemble huit expositions temporaires auxquelles s’ajoutent de nouveaux accrochages des collections. Au cours de sa visite, le spectateur découvrira une importante exposition du Lausannois Didier Rittener, composée de plusieurs centaines de dessins; des aquarelles inédites d’Yvan Salomone; un film de Pierre Moignard, adaptation d’une pièce de Shakespeare au contexte de l’Amérique d’aujourd’hui; les photographies de Maud Faessler; des paysages de montagne peint par Michel Grillet; une installation d’Amy O’Neill; une exposition en miroir autour de deux oeuvres d’Allen Ruppersberg et de Pascal Pinaud (dans le cadre des 50 JPG); enfin une version réduite de la rétrospective consacrée cet hiver à Franz Erhard Walther.
Au quatrième étage, l’exposition Libre de droits réunit un ensemble de 329 dessins de Didier Rittener. L’artiste, né en 1969 à Lausanne et co-fondateur de l’association d’art contemporain Circuit, travaille depuis 2001 sur cette série d’images-sources où cohabitent motifs tirés de la peinture de la Renaissance, formes géométriques, personnages de science-fiction, paysages ou slogans. Puisant dans de multiples registres (presse, cinéma, littérature), l’artiste recadre les images, en retire certains éléments pour ne retenir que des détails isolés de leur contexte. Reproduits au crayon gris sur papier calque de format A4, ces dessins forment une sorte de "monde condensé" qui rappelle d’anciens répertoires d’images qui pouvaient être reproduits librement. Cette collection constitue le point de départ de l’oeuvre dessinée et peinte de Didier Rittener, une formidable "boîte à outils avec laquelle il construit son monde fictionnel".
Exposé pour la première fois, cet ensemble de dessins de Rittener est accroché selon un principe chronologique pour former une ligne ininterrompue qui s’étend d’une salle à l’autre du quatrième étage du Mamco. Comme en miroir, les murs qui leur font face se tapissent de vastes paysages qui créent des ouvertures vers un ailleurs, vers un rendez-vous hors des murs. Pris dans ce parcours labyrinthique, le visiteur est invité à faire "une promenade subjective entre chronologie rigoureuse et rêverie surréaliste". Pour accompagner l’exposition, une version augmentée de l’ouvrage Libre de droits, paru en 2004, éditée par attitudes, en partenariat avec le Mamco. L’ouvrage réunit la totalité des dessins présentés dans l’exposition.
C’est dans le champ de l’aquarelle que se situe le travail d’Yvan Salomone (né à Saint-Malo en 1957) qui présente au second étage du Mamco Yes I will yes. Le musée rejoue un dispositif d’accrochage semblable à celui proposé en 2000 pour la première exposition de l’artiste à Genève: recouvrir un large pan de mur d’une soixantaine d’aquarelles, toutes inédites. Comme celui de Rittener, le travail de Salomone commence par la reproduction sur format identique d’images qui sont ensuite retravaillées et recadrées. S’obligeant à suivre un protocole très strict, il réalise chaque semaine une aquarelle, à partir de photographies donnant à voir des lieux délaissés, périphériques, sans vie humaine. La singularité de l’oeuvre de Salomone se situe dans cette rencontre anachronique et inattendue entre le classicisme de la technique et l’approche résolument contemporaine du sujet. L’artiste, originaire de Saint-Malo, a consacré une part importante de son travail à la représentation de sites portuaires qu’il a élargie ensuite aux images de chantiers et autres terrains vagues. L‘exposition Yes I will yes s’accompagne de la publication aux éditions Mamco d’un recueil de textes d’Yvan Salomone (Le point d’Ithaque. Cahiers 1996-2006, éd. Mamco, 2010).
Au même étage, dans le Kino, est projetée la première oeuvre filmique du peintre français Pierre Moignard (né à Tabessa, Algérie, en 1961). Who chooseth me. Notes for the Merchant of Vegas (2006-2009) transpose le récit de The Merchant of Venice, comédie de William Shakespeare, dans le contexte surfait des villes de rêve de l’Amérique d’aujourd’hui, un thème qui intéresse particulièrement l’artiste. Tourné à Venice Beach et à l’hôtel Venetian à Las Vegas, ce film se joue des décors parvenus à une nouvelle forme de réalité. Entre documentaire et fiction, l’oeuvre nous plonge dans les contradictions d’une culture "fascinante et cruelle", dans cette Amérique qui a vampirisé notre vieux monde.
D’une salle à l’autre du premier étage, se succèdent des univers pluriels avec les travaux de Maud Faessler, de Michel Grillet, d’Amy O’Neill et une installation en tandem d’Allen Ruppersberg et de Pascal Pinaud. Sortie en 2006 de l’ECAL, la jeune photographe Maud Faessler (née en 1980 à Zurich) se signale par la dureté et la force des sujets qu’elle choisit d’affronter: autopsies, dissections, sexes excisés. Insite réunit deux séries de travaux. Hôpital dévoile l’univers très secret des hôpitaux souterrains construits par l’armée suisse. La deuxième série, Autopsie, est le fruit d’une longue collaboration entre l’artiste et un service hospitalier qui lui a permis de photographier des corps autopsiés dans le cadre de la recherche médicale. Nourrie par une réelle curiosité pour ce qui tient de l’insupportable aux yeux du plus grand nombre, l’artiste retranscrit ces scènes d’autopsies avec un réalisme et une fidélité exempts de tout affect, qui confèrent à ces cadavres une présence banale, et d’autant plus troublante.
Invité une première fois en 2005 au Mamco, Michel Grillet (né à Genève en 1956) dévoile un autre aspect de son oeuvre, un ensemble de lavis de la série Montagnes-Ciel. Avec une grande économie de moyens, Michel Grillet travaille depuis 1977 sur le thème du paysage qu’il nomme Montagnes-Ciel, Ciel-Etoilé, Eau-Ciel, Mémoire de Paysage. Sa recherche sur la transposition du paysage s’articule essentiellement autour de notions liées à la perception et à la mémoire, autant qu’une constante interrogation sur l’image de la nature et la nature de l’image. Météorologue des sentiments, Michel Grillet peint des montagnes dont les infimes variations de lumière et de couleur semblent refléter les subtiles mouvements de l’âme humaine.
L’artiste américaine Amy O’Neill, née en 1971 à Beaver (États-Unis) et qui a vécu plusieurs années à Genève, porte un regard critique sur la culture vernaculaire de son pays d’origine mais aussi de sa Suisse d’adoption avec des travaux qui renvoient au folklore local comme les chalets suisses, la musique country ou les chars de parade. En donnant au "réel" des semblants de décor, il se dégage des objets et des situations que l’artiste produit une inquiétante étrangeté. Le Mamco accueille une installation constituée de trois sculptures, dont Shrine Bed (2007) qui figure un étrange lit taillé dans un tronc de bois. Fabriqué par un sculpteur traditionnel suisse, il s’inspire d’une attraction touristique et rustique, The Shrine of The Pines (La Chapelle des pins), située à Baldwin aux Etats-Unis.
Exposition en écho aux 50 JPG, En miroir met face à face deux installations d’Allen Ruppersberg et de Pascal Pinaud. Ces deux oeuvres s’appuient sur un travail d’archivage photographique de l’atelier des deux artistes qui revisitent ainsi un thème cher à l’histoire de l’art. Interrogeant les conditions d’apparition de l’art, ces deux pièces invitent le spectateur à chercher dans ces images le reflet de la nature des oeuvres qui y sont produites. A noter que cette exposition ainsi que celle de Maud Faessler furent programmées par le Mamco au Printemps de Septembre à Toulouse, festival dont il assura la programmation artistique en 2008 et 2009. Le musée est donc particulièrement heureux de présenter désormais ces deux expositions au public genevois.
Enfin, le musée propose une version réduite de la grande rétrospective dédiée cet hiver à Franz Erhard Walther (De l’origine de la sculpture, 1958-2009) en prolongeant l’ouverture de neuf salles, sur les trente-cinq que comptait cette exposition.
Parallèlement aux expositions temporaires, le Mamco met à l’honneur ses collections avec de nombreux nouveaux accrochages des oeuvres qu’il possède ou qu’il a en dépôt. Les dispositifs varient: quelques clins d’oeil monographiques (une salle dédiée à John M Armleder, une autre à Steven Parrino); un hommage au photographe suisse Balthasar Burkhard, récemment décédé; enfin des présentations plus thématiques avec notamment une nouvelle version de Modèles modèles, exposition de maquettes présentée une première fois en 2005.
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