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RAPHAËL ZARKA
"GIBELLINA"
12.02.2011 - 27.03.2011
CAN - Neuchâtel
centre d'art Neuchâtel
rue des Moulins 37
CH-2000 Neuchâtel
T: +41 32 724 01 60
info@can.ch
http://www.can.ch
me-di
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14h-18h
14h-20h
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Raphaël Zarka, "Via Burri, Gibellina Nuova", 2010
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EXPOSITION
Raphaël Zarka: "Gibellina"
Vernissage: 11.02.2011 à 18h30
Pour la première exposition de l’année, le CAN invite l’artiste français Raphaël Zarka qui, selon ses propres paroles, n’invente rien, mais dont l’approche ne manque pourtant pas de fasciner.
"C’est presque insulter les formes du monde de penser que nous pouvons inventer quelque chose ou que nous ayons même besoin d’inventer quoi que ce soit". Cette réflexion de Borges est devenue le leitmotiv de Zarka qui aborde la pratique de l’art de façon déplacée et problématique.
Collectionneur, lecteur, chercheur, investigateur, il fait partie de ces artistes érudits, travaillant prioritairement avec le savoir et la connaissance comme matériaux premiers. Mais cette connaissance s’inscrit dans une poétique généralisée postulant unité et continuité du monde physique, intellectuel et imaginaire.
Zarka considère que l’expression et l’imagination sont avant tout une affaire de montage et de collage. Comme le monde est fini, l’ensemble des formes et des possibilités l’est aussi. Il n’y a donc rien de très mystérieux si des artistes éloignés dans le temps ou l’espace produisent des formes ou des idées similaires, par contre la subjectivité fait son apparition dans le choix, le cadrage et le montage de fragments de réalités. Ce sont finalement les liens que Zarka construit entre ces fragments choisis qui convoquent ou provoquent un enchevêtrement d’interprétations nouvelles.
Le travail artistique de Zarka s’est développé dans de nombreuses directions et en utilisant tant la photographie, la vidéo que la sculpture.
L’exposition "Gibellina", présentée au CAN, réunit des films, sculptures et photographies autour de deux nébuleuses thématiques: la vibration ou la fissure, et le rapport entre peinture et sculpture. Elle est "encadrée" par deux films récents de Zarka, "14 vues de Gibellina Nuova" et "Gibellina Vecchia". La petite ville de Gibellina (Sicile) a été entièrement détruite par un tremblement de terre en 1968. Reconstruite en contrebas, dans un style architectural résolument moderne, voir utopiste, la ville nouvelle tranche résolument avec le paysage dans lequel elle s’inscrit. Les promoteurs de cette ville nouvel- le ont voulu y intégrer des Ĺ“uvres contemporaines dans l’espoir humaniste d’améliorer la vie des habitants, en sollicitant l’intervention d’artistes reconnus. Parmi ceux-ci, le peintre italien Alberto Burri a préféré s’intéresser aux ruines de la ville détruite, se lançant dans un projet titanesque, qui bien qu’inachevé, reste la plus vaste réalisation de land art en Europe.
Le réseau de coïncidences formelles que Zarka révèle ou produit à l’intérieur, et entre ces deux films se voit augmenté par les photographies et les sculptures qui complètent l’exposition. Une partie des sculptures d’aspect minimal sortent littéralement de peintures de la Renaissance italienne tout en cherchant à affirmer une présence autonome, en tissant paradoxalement un nouveau réseau de lien sémantique. Le choix des photos, très disparate à première vue, complexifie à l’envi ce tissage de résonances, et lui donne la tension nécessaire à l’entrée en vibration. L’impression de sens qui en découle n’est pas fortuite. Comme l’écrit Roger Caillois: "L’esprit n’invente pas ce qu’il veut ni comme il veut. Même la fantaisie qu’on croirait la plus arbitraire possède sa syntaxe".
Arthur de Pury
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