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 NEWS   17.03.2011

 

LIVEINYOURHEAD
"THE MIRAGE OF HISTORY"

18.03.2011 - 23.04.2011

LiveInYourHead - Genève
Institut curatorial de la Head – Genève
rue du Beulet 4
CH-1203 Genève

T: +41 22 388 51 00
F: +41 22 388 51 59
info.head@hesge.ch
http://head.hesge.ch




EXPOSITION

"The Mirage of History"
Armando Andrade Tudela, Mariana Castillo Deball, Aurélien Froment, Mario Garcia Torres, Dominique Gonzalez-Foerster, Nancy Holt & Robert Smithson, Joachim Koester, Adrien Missika, Uriel Orlow, Sean Snyder, Michael Stevenson

Une proposition de Yann Châteigné avec les étudiant-e-s du WORK.MASTER

Vernissage: 17.03.2011 dès 18h
Rencontre et projection avec l’artiste Uriel Orlow autour de son projet égyptien “The Short and the Long of It”, puis ouverture de l’exposition.
Cocktails: un projet de Vianney Fivel, Nelly Haliti, Jean-Christophe Huguenin, Livia Johann, Beau Rhee, Habiba Saly, étudiant-e-s au WORK.MASTER de la Head – Genève avec Yann Chateigné.


"The Mirage of History" transforme l’espace d’exposition de LiveInYourHead en un dispositif de projection. Ce cinéma temporaire accueille une série d’oeuvres d’artistes, images en mouvement aux statuts multiples, entre vidéo, film et installation, autour desquelles se structure un programme orchestré par les étudiant-e-s eux-mêmes.

Ponctué de rencontres avec les artistes, cette expérience se fonde sur un choix de pratiques envisagées comme autant d’explorations, prenant une apparence documentaire, d’espaces-temps inconnus.

Travaillant à la lisière du visible, ces investigations se concentrent sur une série de territoires non cartographiés et de zones blanches, de points aveugles de l’histoire et de récits fragmentés. Documentant des indices dispersés, opérant à partir de traces oubliées, elles sont autant de spéculations sur des histoires invisibles. Ainsi, les artistes rassemblés questionnent l’écriture de l’histoire elle-même, qui réside, selon Michel de Certeau, "entre science et fiction".

Le point de départ de ce projet est un document visionnaire réalisé par Nancy Holt à partir de rushes qu’elle a tournés en 1968 avec Robert Smithson. On y découvre les deux artistes en compagnie de Michael Heizer, figures essentielles du Earth Art américain, errant le long des rives du Lac Mono, l’un des paysages les plus stupéfiants du territoire américain, lisant des extraits de livres de géologie, collectant des pierres, se jouant de la topographie réelle en une forme d’archéologie du futur. D’une manière similaire, Armando Andrade Tudela filme les étranges concrétions géologiques du plateau de Marcahuasi au Pérou: son regard s’insinue dans le paysage, s’attarde sur les détails étranges, surréels, les usages singuliers de ce lieu magnétique chargé d’histoires et de représentations magiques, image profondément sculpturale de ce que l’artiste appelle une "antiquité cosmique".

Au travers de leurs tentatives de localiser "des îles dans l’histoire" (Marshall Sahlins), les artistes rassemblés dans ce projet cherchent des espaces propices aux réinventions, aux retours et révolutions qui contredisent la possibilité d’existence de l’histoire elle-même. En creusant sous les récits officiels, ils explorent des espaces encore laissés vierges. Ils fouillent, tel Uriel Orlow, les zones obscures que constituent les événements oubliés, vécus par une communauté temporaire fondée par les personnes embarquées sur les quatorze bateaux internationaux qui furent bloqués dans le Canal de Suez pendant huit ans au moment de la Guerre des Six Jours entre Israël et l’Egypte. Entre information, propagande et onirisme, de son côté, Sean Snyder observe les singulières expériences pédagogiques appliquées à l’art, conduites dans un petit village d’Union Soviétique.

Si ces artistes croisent les méthodologies du documentaire, de l’observation anthropologique, de l’étude historique, s’ils reflètent ainsi divers modes de production et de transmission de savoirs dans le contexte de l’art de l’exposition, l’absence de preuve tangible et vérifiable suspend alors le sens de leurs oeuvres. C’est finalement plus dans "la dimension de l’absence qui est à rechercher" (pour reprendre les mots de Smithson) que dans le désir de combler les manques du récit historique que réside l’ambition de ces projets. Ils ouvrent une zone d’indétermination, menant à une expérience plus active du spectateur, dont le rôle ainsi libéré est dans le même temps contraint par la nécessité de prendre position face aux images.

Un projet organisé en collaboration avec Kaleidoscope Project Space, Milan, qui en a montré une première version sous le titre "The Mirage of History. Zones of Obscurity, White Spots, Explorations in Space-time" en décembre 2010, à l’invitation de Michele d’Aurizio et Eva Fabbris.






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