
© 2013 ch-arts
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© Eric Hattan, Coat
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Dans le cadre des soirées projection vidéo de l’Ecole Cantonale d’Art du Valais et du Forum d’Art Contemporain de Sierre, l’artiste Eric Hattan présente son travail artistique le jeudi 19 mai 2005 à 17h au Forum d’Art Contemporain.
Eric Hattan est né en 1955 à Wettingen et réside actuellement à Bâle et Paris. Il réalise différentes interventions dans l’espace urbain et installations qui dialoguent avec l’espace d’exposition. Depuis 1995, il constitue des bandes vidéo à partir de séquences extraites du quotidien, à la manière d’une prise de notes. Des situations banales sont présentées en boucle, le temps se déroulant dans une continuité inchangée, incitant le regard à la dérive. L’immédiateté des vidéos se rapproche de l’esthétique documentaire, sans pour autant entrer dans une dimension narrative.
L’installation intitulée «Béton Liquide» montrée au Mamco à Genève, en 2000-2001, est constituée de cartons sur lesquels sont posés des téléviseurs. La précarité des éléments et leur disposition disparate évoquent des sortes de ruines architecturales urbaines. Sur les écrans, des images saisies dans différentes villes au cours d’une flânerie, ou d’un trajet: chantiers, routes, paysages désolés, restes d’une nature dénaturée. Les cadrages resserrés révèlent des détails insignifiants, des mouvements répétitifs, éléments fragiles tel le sachet soufflé par le vent. Cette légèreté d’instants saisis au vol entre en collision avec la masse onctueuse du béton liquide mentionnée dans le titre et rappelée par quelques séquences.
Si le béton, matériau de construction redoutable, investit l’espace urbain, sa durée de vie est éphémère, comme le révèle la vidéo intitulée «Vous êtes chez moi!» (1999). Caméra au poing, l’artiste déambule dans les pièces d’un bâtiment déserté par ses locataires. Ces lieux apparaissent dans un état délabré, murs percés, tapisseries arrachées, amoncellement de détritus. Ces logements oubliés sont saisis dans l’urgence, la caméra restituant les résidus d’une catastrophe sociale. Les séquences sont livrées de manière brute, soulevant des questions avec la distance d’un regard neutre. Directes, ces images ne sont pas esthétisées, comme si toute forme de reconstruction possible de cette zone sinistrée ne pouvait avoir lieu; constat d’une destruction irrémédiable.
Geneviève Loup
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